Être jeune dans le 18e - #JournalDesEcoles

  • 17 mai 2019
  • Mis à jour le 17 mai 2019
  • Jeunesse

Depuis plusieurs années, la classe Médias du collège Roland Dorgelès participe à la rédaction de ce numéro spécial du M18. cette année, les élèves s’interrogent : être jeune dans le 18e, qu’est-ce que cela représente ? 

Sous l’impulsion de leurs professeurs de français, Maud Moussy et Anne Verguet, la classe Médias du collège Roland Dorgelès collabore depuis plusieurs années à la rédaction de ce numéro spécial du M18 réalisé avec des élèves d’écoles ou de collèges de l’arrondissement. Parmi les nombreux sujets qui leurs ont été proposés, ces élèves de 6è ont choisi le thème de la jeunesse. Les élèves vous proposent ainsi dans ce dossier thématique un portrait de la jeunesse à Paris18. Ils ont également interviewé Cédric Dawny, conseiller délégué chargé de la jeunesse. Pour préparer cette rencontre, ils se sont documentés et ont échangé sur les différents aspects de la thématique afin de formuler par écrit une grande liste de questions, souvent très pertinentes. Si certains d’entre eux étaient parfois timides lors de l’entretien, tous étaient très concentrés sur les réponses apportées par l’élu. L’écriture de l’interview a été réalisée ensuite par les élèves, encadrés par leurs professeurs. Une opération réussie !

Un portrait de la jeunesse à Paris18

En parcourant le Contrat Jeunesse du 18e, les élèves ont sélectionné des chiffres pour vous proposer un portrait en infographie de la jeunesse de l’arrondissement. 

L'interview : Cédric Dawny, conseiller délégué à la jeunesse 

Cédric Dawny est conseiller-délégué à la jeunesse au sein de la Mairie du 18e arrondissement. Il a répondu aux très nombreuses questions des collégiens de la classe Médias du collège Roland Dorgelès et presque satisfait leur curiosité sur le thème de la jeunesse.

Lila : Bonjour, pourriez-vous vous présenter ?
J’ai 49 ans, je suis père de deux enfants et je vis dans le 18e depuis vingt ans. Je suis conseiller-délégué à la jeunesse dans le 18e arrondissement depuis 2014. Je suis également l’élu référent du conseil de quartier Chapelle- Marx Dormoy.

Elika: En quoi consiste votre rôle ?
Rattaché au Maire, je siège au conseil d’arrondissement. J’ai sous ma responsabilité 46000 jeunes. Je suis chargé de faire vivre tout le réseau des associations qui s’occupe de la jeunesse. Dans le cadre du renouvellement du contrat jeunesse, nous avons deux nouvelles priorités : le logement et la participation des jeunes .

Elika: Comment êtes-vous devenu conseiller-délégué ?
J’ai écrit une lettre de motivation à Eric Lejoindre pour présenter ma candidature. Pour être sélectionné, il y a eu 4 ou 5 tours d’élimination.

Lila : Quelles études avez-vous faites ? Quel est votre métier? L’exercez-vous en même temps que votre rôle d’adjoint ?
J’ai fait des études de communication et marketing et je suis diplômé de la Chambre de commerce et d’Industrie. Je ne gagne pas ma vie avec la politique, cela n’est pas mon métier.

Elika: L’idée de vous engager en politique remonte -t-elle à votre enfance ?
Mon engagement est lié à des images vues à la télé lorsque j’étais petit. Un épisode m’a particulièrement marqué, c’est l’enterrement de Georges Pompidou en 1974. J’étais alors chez mes grands-parents et je m’en souviens très bien. Ca a déclenché mon envie de faire de la politique.

Juliette : Quels sont les projets de la mairie pour la jeunesse dans le 18e ?
Il y a deux axes principaux : d’une part, le développement de l’accès à la culture car c’est ce qui permet à une société de se réunir. La culture, c’est non seulement vivre des émotions mais aussi débattre ensemble. Et cela est essentiel. D’autre part, nous souhaitons encourager les jeunes à intervenir davantage dans la vie locale. Beaucoup de jeunes ignorent qu’il y a un certain nombre d’outils qu’ils peuvent utiliser pour réaliser leurs projets, qu’il s’agisse des réunions publiques, des conseils de quartiers, des budgets participatifs ou des conseils citoyens.

Yasmine : Quelle est la part du budget municipal consacré à la jeunesse ?
Je dispose d’une enveloppe d’environ 100 000 € pour le tissu associatif local et de presque 3 millions € pour l’ensemble des équipements jeunesse. La maison des associations du 18e est la deuxième la plus importante de France après celle de Marseille. Dans les Centres Paris Anim, le prix des activités varie en fonction du quotient familial des familles. C’est ça, la politique de solidarité de la ville.

« Les jeunes n’ont pas besoin de porte-parole, mais de portes ouvertes »

Cédric Dawny,
Conseiller délégué à la jeunesse

Abdullah : Quels sont les principaux problèmes rencontrés par la jeunesse dans le 18e ?
Au cours des dernières années, il y a eu beaucoup de bagarres et de rixes entre les jeunes du 18e et ceux du 19e. Ce qui les oppose, ce ne sont pas des questions de territoire mais de réputation ou d’e-réputation (c’est-à-dire la réputation sur les réseaux sociaux). Nous avons réussi à résoudre ce problème en mettant en place un certain nombre de mesures avec entre autres les associations, les parents et les jeunes.

Sur les problèmes de discipline au collège, la mise en place de la mesure de responsabilisation permet d’éviter les renvois temporaires et aux jeunes de se responsabiliser sur leur faute en menant en dehors du temps scolaire une activité éducative, culturelle, et ou de solidarité au sein d’une association ou d’une direction parisienne.

Esther : Est-ce que la mairie lutte contre la malbouffe à l’école?
Nous essayons en effet de varier les goûts et les aliments à la cantine. Nous privilégions les circuits courts ou locaux. On va plutôt prendre des pommes qui ne viennent pas de Nouvelle-Zélande mais des Yvelines ou de Normandie par exemple. Mais la malbouffe, ce n’est pas qu’à l’école. C’est aussi les hamburgers, les sandwichs, les kebabs prisés par les jeunes en dehors de chez eux. Il faut également varier l’alimentation à la maison. C’est pourquoi la Mairie a mis en place des ateliers santé afin d’aider les gens à mieux consommer.

Lilak : Nous savons que la sensibilisation au climat est un gros dossier de la mairie. Que faites-vous pour sensibiliser les jeunes à ce sujet dans le 18e ?

D’abord, nous proposons aux habitants du 18e une nouvelle offre en matière d’alimentation : plusieurs associations agissent en ce sens. « Agricool », par exemple, fait pousser des fraises dans des anciens containers. « La Caverne » est un ancien parking dans lequel poussent des champignons et des endives. 7000m2 d’espaces ont été aménagés par l’association «Cultivate» sur les toits à Chapelle International pour des cultures. Puis, il faut essayer de réduire sa facture énergétique. Les choix de lampes au sein des entreprises et les collectivités, par exemple, est important. Il faut aussi être attentif au recyclage. Le tri sélectif est pratiqué dans certaines cantines et l’association « Moulinot » récolte les déchets dans certaines écoles pour faire du compost ou produire du méthane. Enfin, il faut développer les « circulations douces » (comme le vélo, la trottinette...) dans la ville afin de réduire la place de la voiture.

Pour les jeunes, il y a des associations qui peuvent intervenir dans les écoles. L’ONG Surfrider réalise ce type d’interventions. On organise aussi des matinées citoyennes où les délégués de classe peuvent poser des questions à des professionnels sur le climat. 

Walid : Les élèves des établissements du 18e ont-ils participé à la marche pour le climat?

Oui, des élèves du 18e y ont participé. Le 17 avril, j’ai reçu des collégiens qui souhaitent continuer à manifester pour le climat dans le 18e.

Fleur : Y a-t-il de nouveaux projets pour rendre notre arrondissement plus « vert »?
Il y a des changements urbanistiques, de nouveaux quartiers avec quelques espaces verts. Il y a 10 ans, chaque habitant disposait de l’équivalent de 0,9m2 d’espace vert et maintenant cela a augmenté, notamment grâce à la création du parc Eole. Avec le futur Parc Chapelle Charbon, cette surface augmentera encore.

Sacha : Trouvez-vous que les jeunes s’intéressent suffisamment à la démocratie dans le 18e ?
Oui, mais il faut vraiment donner davantage aux jeunes la possibilité de s’intéresser à la politique. Les jeunes sont parfois timides pour parler. Il faut qu’ils osent. La mairie vous est ouverte! Il y a un programme «PNYX ta maire» qui peut d’ailleurs vous intéresser. Il permet de mieux comprendre l’histoire de la démocratie mais aussi de travailler sur la prise de parole en publique. 

Sabri : Les jeunes participent-ils au grand débat organisé dans le 18e ?
Il y a toujours eu des débats dans le 18e mais c’est plutôt amené par le tissu associatif local.

Esther : Existe-t-il des réunions à la mairie auxquelles les jeunes peuvent participer ?
Oui, il y en a beaucoup. Dans le cadre du Grand débat organisé par le gouvernement, il y a eu une réunion avec 70 jeunes qui sont venus débattre de tous types de sujets.

Juliette : A quoi sert la carte de citoyenneté pour les enfants ?
Elle sert à participer aux événements citoyens et festifs de la ville comme certaines conférences et ateliers et donne accès aux bibliothèques.

Yasmine : Avez-vous un message à transmettre à la jeunesse du 18?
J'ai un slogan : les jeunes n’ont pas besoin de porte-parole mais de portes-ouvertes. Les jeunes n’ont pas besoin qu’on parle à leur place. Ne minimisez pas le rôle que vous pouvez jouer dans la société vos idées, votre parole compte et n’oubliez jamais que l’élu.e n’est que le délégué d’un pouvoir donné par le vote !


Portrait : Naima Taleb, directrice de la Compagnie Résonances

Installée dans le 18e, la compagnie Résonances propose des ateliers de théâtre ou de danse pour les jeunes. Elle est aussi à l’origine d’une initiative originale, Art’fterwork...

« Pour moi la culture et l’éducation constituent les seules façons d’émanciper les populations ». 

Directrice de la Compagnie Résonances qu’elle a créée en 1995, Naima Taleb par ailleurs metteure en scène et chorégraphe, consacre une grosse partie de son activité à la jeunesse. Elle soutient notamment les jeunes artistes à travers les soirées Art’fterwork qu’elle organise tous les vendredis au sein de son théâtre situé rue Camille Flammarion. Cette initiative, qui s’adresse plus particulièrement aux jeunes de 14 à 20 ans, vise à promouvoir de jeunes talents. Mais Résonances ne se contente pas de donner sa chance aux artistes en herbe, elle offre aussi la possibilité de se former à la programmation de spectacle. Ainsi, le deuxième vendredi du mois, c’est un collectif de jeunes accompagné par Naima Taleb qui programme les jeunes artistes.

A travers l’ensemble de ses activités, Résonnances accueille aussi bien des jeunes du 18e arrondissement que des parisiens d’autres quartiers voire des franciliens. « Au total nous touchons près de 250 jeunes », estime la directrice qui confie aux collégiens de Roland Dorgeles : « J’essaye tous les jours de trouver comment mieux faire pour me rendre utile. Certains jeunes reviennent nous voir pour nous raconter les déclics qu’ils ont ressentis lorsqu’ils fréquentaient la Compagnie Résonances. » Une véritable récompense !

Propos recueillis par Iris, Louise, Milane, Virnia, Liam, Sacha Ad, Clara, Milane, Théodora, élèves de la 6e classe Médias du collège Roland Dorgelès. 

Dernière mise à jour le vendredi 17 mai 2019
Crédit photo : Erwan Floc'h

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